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Enfin, ceux-là que le juge avait interrogés sur le crime de Téao, ayant délibéré comme il convient, à loisir, regagnaient leurs places. Le chef-de-la-justice parla :

— « Téao no Témarama, par son baptême Ezékia, est-il coupable, ou non, d’avoir attenté à la forme du gouvernement ? »

Le chef-des-jurés, se levant, répondit avec une digne assurance : — « Cet homme est réellement coupable. » Deux jurés, cependant, parmi les six, feignirent de protester. Mais comme la foule grondait sur eux, ils se turent : Téao no Témarama était donc, sans erreur, reconnu criminel. La Loi déciderait du châtiment. Quant à Paofaï, il se dénonçait lui-même comme idolâtre et serviteur des mauvais esprits. Noté se tourna vers-le Roi : — « À ton tour, maintenant ! » Il désignait une page du livre. Pomaré souffla par deux fois, afin de laisser à ses yeux le temps de s’habituer aux signes. Puis il prononça :

— « Voici ma parole vers vous. La Loi dit, dans sa huitième partie, concernant la Rébellion : ce crime sera puni de mort.

» Et voici encore : la loi dit, dans sa vingt-quatrième partie, concernant le culte des faux dieux : ce crime sera puni de mort. »

Le Réformateur siffla, mécontent parce que sa langue avait hésité devant un mot difficile. Il demanda néanmoins :

— « Le Roi Piritané parle-t-il avec cette facilité-là ?