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sont engagés, et je ne puis venir à ton secours… Il faut alors partir ce soir même.

POLIGNI.

Et pourquoi ?

DORBEVAL.

Parce que c’est samedi, que tu as devant toi la journée de dimanche, et que lundi tu seras en Belgique.

POLIGNI.

Mais c’est une faillite que tu me proposes !

DORBEVAL.

Quand il y a force majeure, quand on doit cinquante à soixante mille écus, et qu’on n’a rien pour les payer.

POLIGNI.

Grand Dieu ! Perdu de réputation ! (Jetant les yeux sur sa boutonnière.) Indigne de porter ce signe de l’honneur ! Et Olivier ! ses économies qu’il m’a confiées, et que je n’ai plus ! Voilà donc où m’ont conduit le désir des richesses, ma cupidité, l’ambition ! Mon ami, je n’y survivrai pas.

DORBEVAL.

Y penses-tu ?

POLIGNI.

Oui, je me tuerai.

DORBEVAL.

Beau moyen pour payer ses dettes ! Mais qu’as-tu à le désoler, à te désespérer ? où est la nécessité de prendre des partis extrêmes ? Reviens à toi un instant, réfléchis avec calme et sang-froid, examine un peu ta