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POLIGNI.

Il l’était ce matin !

DORBEVAL.

Pour acheter, mais non pour vendre. Que diable ! tu te lances dans des spéculations inusitées : tu achètes le matin une charge pour la revendre le soir ; ce n’est pas bien, mon cher : c’est de l’agiotage, cela surprend, cela effraie, cela peut faire baisser les charges.

POLIGNI.

Peu m’importe ! j’y perdrai : cela m’est égal.

DORBEVAL.

Tu y perdras au moins un sixième, comme Lajaunais te le disait ce matin. Et puis nous avons aussi notre opération où je venais de t’associer, nos indemnités : ça perd aussi.

POLIGNI.

Comment ?… déjà ?

DORBEVAL.

Cela perd….. pour gagner. Tu n’entends pas la Bourse ; et dans ce moment la différence à payer irait pour ta part seulement de cinquante à soixante mille francs ; il faut donc ne pas se presser, et attendre les événemens.

POLIGNI.

Attendre ! Je ne le peux pas, je ne peux vivre ainsi ! Je veux tout quitter, tout revendre, aujourd’hui, à l’instant ; à quelque prix que ce soit.

DORBEVAL.

S’il en est ainsi, si telle est ta résolution, je n’ai plus rien à répondre. Malheureusement tous nos fonds