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IV


LA BRUME


Reuter venait d’installer dans son débit un piano mécanique. Dès le matin, le cake-walk et la matchiche, airs à succès, fusaient hors de sa boutique avec un bruit d’enfer, provoquant l’admiration des natives pendant que les coloniaux buvaient l’absinthe. Et l’habile commerçant, fier de l’effet produit, racolait les îliennes au passage.

— Entre donc ! cria-t-il à Blanche, Emma Roparzic du Runiou est là qui ne donnerait pas sa place pour une messe. — Et toi, Barba, la plus bavarde de l’île, tu sais bien que tu n’as pas besoin d’argent pour boire ici. Allons, appelle aussi Claire : Lombard, qui vient de