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lui. C’était lui qui dirigeait tout ; rien ne se faisait que par lui. Tous les soirs, avant de se retirer, il dressait lui-même le programme des excursions du lendemain. Il était de toutes les parties et de toutes les promenades. Il eût été tout aussi facile devoir M. Levrault sans son ombre que de le rencontrer sans Gaspard. Vif, alerte, dispos, toujours en belle humeur, le vicomte avait le secret de remplir la Trélade de mouvement, de bruit et de gaieté. Il donnait à M. Levrault des leçons d’équitation, lui racontait des histoires de la cour, caressait sa sottise, encourageait toutes ses manies. Il avait dressé pour Laure un joli cheval qui s’agenouillait devant elle, et la suivait comme un mouton bridé. Chaque jour, il inventait une distraction nouvelle. Bref, après avoir commencé par se rendre utile, il avait fini par devenir indispensable. M. Levrault, qui pensait avoir trouvé la pie