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Page:Sandeau - Sacs et parchemins.djvu/65

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M. Levrault, en costume de gentilhomme campagnard, allait du perron à la grille, de la grille au perron, et, comme ma sœur Anne, ne voyait rien venir. De temps en temps, il se renfermait dans sa chambre, se regardait marcher devant une glace et trouvait qu’il avait bon air. Il parlait à ses gens, et s’exerçait à prendre l’attitude et le ton du commandement. Cependant le soleil baissait à l’horizon ; le vicomte n’avait pas paru. M. Levrault, qui commençait à trouver le procédé un peu leste, ne se gêna pas, après dîner, pour dire sa pensée tout entière. Il faut qu’on sache que M. Levrault, avait été, pendant les dernières années de la restauration, un des libéraux les plus distingués de tout le quartier Saint-Denis. Il avait passé dix ans de sa vie à déblatérer dans sa boutique contre tous les grands noms du royaume. Ses opinions, s’étaient singulièrement modi-