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Page:Sandeau - Sacs et parchemins.djvu/64

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cette imagination fût tournée vers les grands sentiments : depuis longtemps la vanité lui avait coupé les deux ailes. Les chastes amours de ces deux enfants si brusquement séparés par la mort, la fin si lamentable de mademoiselle de Chanteplure s’abîmant dans les flots comme la jeune Tarentine, avaient médiocrement touché le cœur de Laure ; mais la fidélité obstinée du vicomte de Montflanquin la piquait au jeu. Rendre Gaspard infidèle et parjure lui paraissait une tâche digne de son ambition, et prêtait un nouvel attrait au lion léopardé de sable, à la queue fourchue et passée en sautoir, abaissé sous un chef d’azur à trois besans d’or. Les voies ainsi préparées, le vicomte n’avait qu’à se montrer ; il prenait pour devise les trois mots de César.

Toute l’après-midi se passa dans l’attente. Les heures s’écoulaient, le vicomte n’arrivait pas. Laure avait changé trois fois de toilette.