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Page:Sandeau - Sacs et parchemins.djvu/62

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ratissaient les allées du parc, arrosaient le gazon des pelouses. Des paons en liberté traînaient les splendeurs de leur queue sur les marches du perron ; des cygnes nageaient sur un petit lac bordé de saules et de trembles. À tous ces aspects, qui étaient pour lui les écriteaux de sa richesse, M. Levrault se prit à sourire et sentit son cœur se gonfler d’orgueil et de joie. Il lui sembla que tous les bruits, toutes les rumeurs, toutes les harmonies du vallon, le chant des oiseaux, le murmure du vent, le fracas des écluses, le cri des paons, le roucoulement des pigeons sur le toit du colombier, le gloussement des poules dans la basse-cour, jusqu’aux hennissements de ses chevaux, jusqu’aux aboiements de ses chiens, se confondaient dans une seule voix, immense comme celle de l’océan, et cette voix disait : M. Levrault a trois millions. Il ne manquait à ce grand con-