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Rochelandier ; il voulait échapper aux remontrances de sa mère, et ne devait confier son projet à Laure qu’au dernier moment.

La veille du jour fixé pour son départ, le fils de l’un de ses fermiers se mariait : Laure avait promis d’assister à la fête. Gaston monta en carriole avec sa femme et s’achemina vers la ferme. Laure avec sa robe de mousseline et son chapeau de paille, était cent fois plus charmante qu’autrefois à la Trélade et rue de Varennes avec ses toilettes éblouissantes. Le trajet se fit en silence ; leur pensée se reportait involontairement au jour de leur mariage. À leur arrivée, ils se virent entourés avec empressement, accueillis avec cordialité. Laure fut touchée de l’émotion joyeuse qui se peignait sur tous les visages. Son mari était aimé, et elle prenait sa part de l’amour qu’il inspirait. Une joie franche, un bonheur vrai, éclataient dans les yeux des jeunes