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de la Vendée était fini, en présence de la France entière appelée à se prononcer sur sa propre destinée. Cependant M. Levrault n’avait pas encore épuisé la coupe des tribulations.

Après une trêve de quelques jours, la marquise, désappointée, avait repris le ton agressif, l’attitude provoquante. M. Levrault, qui, loin du danger, n’avait plus aucune raison pour garder ses principes républicains, les proclamait pourtant, les défendait avec acharnement, pour taquiner, pour exaspérer la marquise. Entre ces deux amis, tout était sujet de querelle. Chacun des portraits qui décoraient le salon suggérait à M. Levrault une foule d’épigrammes qui, sans être bien acérées, harcelaient son adversaire comme autant de coups d’épingle. Ils passaient presque toutes leurs soirées en tête-à-tête. Chose étrange ! ils se détestaient mutuellement et