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Page:Sandeau - Sacs et parchemins.djvu/501

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doucement ; M. Levrault n’en demandait pas davantage. Le malheur avait développé en lui un bon sens, une sagesse inattendue. Lui qui avait mordu à tant d’hameçons, qui s’était laissé prendre dans tant de nasses, instruit à ses dépens, prudent comme un vieux brochet qui a dix fois rongé les mailles du filet, il passait fièrement devant le piége et riait au nez du pêcheur. Loin du bruit de l’émeute, débarrassé de Timoléon qu’il espérait bien ne jamais retrouver, il se félicitait chaque jour de la sécurité profonde où s’écoulait sa vie. Cette paisible vallée lui semblait un asile impénétrable que le vent furieux des révolutions ne viendrait jamais troubler. Autour de lui, tout était tranquille. Les folles espérances de la marquise avaient été bien vite déçues ; Gaston, loin de partager l’aveuglement de sa mère, s’était appliqué sans relâche à pacifier les esprits. Il comprenait que le rôle