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Page:Sandeau - Sacs et parchemins.djvu/413

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ments, les animait au pillage, prenait sa part du butin, et mettait le feu aux quatre coins de la maison. Laure et la marquise, échevelées, franchissaient les escaliers en flamme ; Gaston les précédait, armé jusqu’aux dents. Tout à coup l’arbre de la liberté planté au milieu de la cour se transformait en un gibet de proportions gigantesques ; le drapeau qui le couronnait se détachait et laissait voir Solon armé d’une corde. Déjà la marquise, Laure et Gaston étaient lancés dans l’éternité, et les pillards dansaient autour de la potence comme une ronde de cannibales. Le tour de M. Levrault était venu. Solon lui passait au cou le nœud coulant. À ce moment suprême, M. Levrault se réveilla en sursaut, baigné d’une sueur glacée. Il porta la main à son cou, et rendit grâce à Dieu de se trouver sain et sauf dans son lit. Pourtant sa frayeur n’était pas encore calmée. Il se leva, prit une bougie,