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la république dans l’Ouest. C’est un franc patriote ; je le savais bien, et je l’aimais. Vous m’avez brouillé avec lui, et maintenant, si nous retournons en Bretagne, notre liberté, notre vie, sont à sa merci. Ses pouvoirs sont illimités, son autorité absolue. Il dispose en dictateur de l’armée, de la magistrature ; il est la loi vivante.

— Vraiment, répliqua la marquise, si le vicomte de Montflanquin est nommé consul-général, le gouvernement nouveau a fait là un beau choix : qu’il reçoive mes sincères compliments.

— Que le choix soit bon ou mauvais, le citoyen Montflanquin n’en est pas moins consul-général ; cela vaut encore mieux que de se croiser les bras.

— Vous vous trompez, monsieur, reprit Gaston. Il vaut mieux se croiser les bras que de se ruer à la curée des places ; mieux vaut