Ouvrir le menu principal

Page:Sandeau - Sacs et parchemins.djvu/40

Cette page a été validée par deux contributeurs.


gants blancs, vêtus d’une livrée bleue à galons pistache et d’une culotte de peluche jaune, se mouvaient comme des ombres autour des convives. Laure elle-même se sentait troublée. Quant à Jolibois, il buvait et mangeait comme un homme qui n’est pas sûr de retrouver en dix ans une pareille aubaine. Le repas achevé, ils descendirent au parc, où maître Jolibois leur avait ménagé une nouvelle surprise. Ils se promenaient sur une vaste pelouse, quand tout à coup une fusée sillonna le ciel, et M. Levrault aperçut a cinquante pas devant lui une muraille de feu. Douze soleils tournoyaient et vomissaient des torrents d’étincelles. Les flammes de Bengale éclairaient toutes les profondeurs des avenues. Des chandelles romaines s’élançaient du feuillage comme des serpents lumineux et retombaient en pluie d’étoiles. M. Levrault, qui jusque-là avait fait bonne contenance, ne