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Page:Sandeau - Sacs et parchemins.djvu/389

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Levrault, ancien tisseur de laine à Elbeuf. Connaissez-vous Jolibois ? c’est mon meilleur ami. Je marchais avec lui sur la Chambre, lorsque je vous ai rencontrés. Voici, ma fille, une fille du peuple, un cœur d’or. Tout ici vous appartient. Vous vous êtes battus comme des lions ; nous allons trinquer ensemble.

En cet instant, le blessé fut saisi d’une soudaine défaillance, et répéta d’une voix éteinte : — Portez-moi à l’hôpital.

M. Levrault tira le cordon de la sonnette, un valet parut, et rentra bientôt avec un panier de vin. M. Levrault versa une rasade à ses nouveaux amis, offrit lui-même un verre plein au blessé, et d’une voix émue : — Buvons, mes enfants, à la grandeur, à l’affermissement de notre jeune république. Plus de rois, plus de noblesse, plus de bourgeoisie ! Buvons au nivellement de toutes les classes, ne formons plus qu’une seule famille, une