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pâle, tremblant, les yeux hagards, cherchant par quel moyen il pourrait mettre son hôtel à l’abri de la fureur populaire, lorsqu’il aperçut un ouvrier porté sur un brancard ; une pensée lumineuse traversa son cerveau. D’un geste, il arrêta le brancard, et d’une voix retentissante :

— Où portez-vous ce brave ?

— À l’hôpital.

— À l’hôpital ? un enfant du peuple, un héros qui a versé son sang pour la liberté, pour la république ! à l’hôpital ! Ce serait une honte pour nous, mes amis. Qu’il vienne chez moi, ma maison est à lui. Moi aussi, je suis un ouvrier. Qu’il vienne chez Guillaume Levrault. Suivez-moi, camarades ; soyez tranquilles, il ne manquera de rien.

— Vive Guillaume Levrault ! s’écria la foule en battant des mains,

— Mes enfants, criez : Vive la république !