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Page:Sandeau - Sacs et parchemins.djvu/375

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qu’on disait si menaçante, n’était qu’un feu de paille. M. Levrault rentra chez lui joyeux et triomphant. Il se mit au lit, et s’endormit bercé par les songes les plus séduisants. La vue de son habit brodé avait subitement changé le cours de ses idées. Dans sa mobile imagination, aux triomphes de la tribune avaient succédé les triomphes de la salle de bal. Il se voyait l’épée au côté, figurant dans un quadrille en face des jeunes princesses. Les femmes chuchotaient en le regardant et demandaient son nom. Un aide-de-camp du roi répondait à voix basse : C’est le comte Levrault !

Le lendemain, il s’éveilla frais et dispos, le visage épanoui. En apercevant son journal, il le repoussa d’une main dédaigneuse, comme pour se venger d’avoir été abusé par un récit mensonger. Son valet de chambre s’étant permis de lui dire qu’on avait en-