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Page:Sandeau - Sacs et parchemins.djvu/370

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libre dans la journée. Chaque matin, pour délier sa langue, il déclamait dans son jardin quelques pages de Mirabeau ; puis, avant d’aller au Luxembourg, il se promenait devant le château des Tuileries, et l’étudiait sous toutes ses faces, comme un héritier avide rôde autour du domaine qui va lui échoir. Sa voiture, qui l’amenait à la grille du jardin, le reprenait à la grille du Carrousel, car il aimait à passer sous le vestibule, et s’arrêtait pour contempler le grand escalier qui, mène à la salle des maréchaux. Quelques jours encore, se disait-il, et je franchirai à mon tour cet escalier qui a vu passer tant d’hommes illustres. L’heure de la justice s’est bien fait attendre ; que de soucis ! que de traverses ! mais mon génie a surmonté tous les obstacles. Je vais donc enfin prendre le rang qui m’appartient. Puis il se représentait la rage de la marquise ; ce n’était pas la