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Page:Sandeau - Sacs et parchemins.djvu/36

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d’être aimé ; elle cherchait à deviner l’effet de ses armoiries sur le panneau d’une calèche. Ce lion léopardé de sable, avec sa queue fourchue et passée en sautoir, lui avait tourné la cervelle. Quelle réponse aux impertinences héraldiques de mademoiselle de R… et de mademoiselle de C… ! Jeune, belle, éblouissante de parure, elle se réjouissait des jalousies qu’éveillait sa présence. Elle rencontrait ses anciennes compagnes, qui l’avaient humiliée de leurs dédains ; elle les écrasait à son tour de son luxe et de l’éclat de son nom : les délices de la vengeance assaisonnaient pour elle les triomphes de la vanité. Tandis que M. Levrault et sa fille rêvaient ainsi, les brises d’avril secouaient sur leur passage le parfum des feuilles naissantes. Les bourgeons éclataient. Les haies étaient en fleurs. Les oiseaux chantaient à plein gosier, La Loire déroulait ses nappes d’argent à tra-