Page:Sandeau - Sacs et parchemins.djvu/358

Cette page a été validée par deux contributeurs.


croisades ; mais, par mes travaux, par mon génie, j’ai enrichi mon pays, cette gloire en vaut bien une autre. Au reste, ajouta-t-il d’une voix plus calme, comme un homme satisfait de la réparation qu’il vient de s’accorder lui-même, l’inscription que j’ai lue tout à l’heure ne m’a rien appris ; madame la marquise vous régnez ici en maîtresse absolue.

— Est-ce un reproche, monsieur ?

— C’est la vérité. Je ne m’abuse pas sur le rôle que vous m’avez fait, et je suis bien aise de vous le dire. Les convives qui s’asseoient à ma table, qui les choisit ? qui les invite ? N’est-ce pas vous ? Qui peuple mes salons ? N’est-ce pas votre seul caprice ?

— Mon ami, vous êtes ingrat, répliqua la marquise avec une angélique douceur. Qu’attendiez-vous donc de moi en m’appelant auprès de vous ? Je vivais en paix dans mon