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Page:Sandeau - Sacs et parchemins.djvu/346

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À cette question, Gaston regarda son beau-père d’un air surpris.

— Ce que je compte faire, monsieur ? Ce que j’ai fait hier, ce que je fais aujourd’hui. Partager mon temps entre les exigences du monde et celles de l’amitié ; la matinée au bois, le soir à l’Opéra, au Théâtre-Italien ; chercher pour ma femme d’aimables distractions ; visiter les peintres, les sculpteurs en renom ; assister aux courses de Chantilly, parier, quelquefois courir, n’y a-t-il pas là de quoi remplir la vie ?

— Tout cela, monsieur le marquis, suffirait sans doute à remplir la vie d’un homme sans valeur, qui ne songerait qu’à manger ses revenus. Dieu merci, vous n’êtes pas un de ces hommes-là. Votre nom, votre éducation, votre alliance avec les Levrault, vous imposent des devoirs sérieux, et je sais que vous ne les ignorez pas ; vous êtes animé d’une noble ambition.