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Page:Sandeau - Sacs et parchemins.djvu/329

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tours la marquise en était venue à ses fins ; bien qu’en réalité, il eût sacrifié son orgueil à son ambition, il n’avait point failli à l’antique loyauté de sa race. Tout en convoitant les millions, il ne s’était pas abaissé à les courtiser ; s’il avait, lui aussi, sacrifié au veau d’or, il l’avait fait sans incliner le front ni ployer le genou.

Ainsi tout allait bien ; rien ne semblait devoir interrompre le cours de tant de joies et de prospérités. Cependant, au bout de six semaines, de deux mois tout au plus, un œil exercé aurait pu découvrir dans l’intimité de la marquise et de son doux ami quelques-uns de ces nuages que les marins appellent fleurs de tempête. Trois mois à peine s’étaient écoulés, et déjà la tempête grondait sous le toit de l’hôtel Levrault. Que s’était-il passé ? que se passait-il ? Rien que n’eût prévu trois mois auparavant, un esprit doué d’un peu de clairvoyance.