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ami s’abandonnaient au charme de leur intimité, les deux jeunes époux vivaient, de leur côté, en parfaite intelligence. Les exigences de la passion, les inquiétudes de l’amour, les bouderies, les réconciliations, aucun de ces adorables petits drames qui se jouent entre deux baisers aux douces clartés de la lune de miel ne troublait l’union de leurs âmes. Rien n’altérait la sérénité de leurs jours, brillants et froids comme les diamants dont Laure aimait à charger sa tête. N’étaient-ils pas heureux ? Que manquait-il à leur bonheur ? Laure avait un titre, et Gaston l’opulence ; elle était marquise, il était millionnaire : que pouvaient-ils souhaiter de plus ? À défaut d’amour, leurs vanités se caressaient, s’encourageaient mutuellement. En voyant son mari se parer de sa richesse, Laure pensait ne lui rien devoir ; en voyant sa femme se parer de son nom, Gaston se croyait quitte