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Page:Sandeau - Sacs et parchemins.djvu/308

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La saison était belle pourtant. Septembre s’achevait à peine ; octobre n’avait encore dépouillé ni les haies ni les bois. Les oiseaux chantaient comme au printemps et se poursuivaient dans la lande. Les bruyères étaient en fleurs ; la colchique étoilait les prés ; sur la marge des sentiers, l’or des ajoncs commençait à poindre. Comme une fiancée qui sent sa fin prochaine et veut mourir dans ses habits de fête, la nature, près de se voiler, se parait de ses plus riches couleurs et répondait par un dernier sourire aux derniers adieux du soleil. Pour de jeunes amants, il est doux alors d’aller à l’aventure, appuyés l’un sur l’autre, le long des coteaux jaunissants, dans le creux des vallées brumeuses, et de soulever en marchant les feuilles desséchées qui jonchent déjà le chemin. Dans l’ivresse même, de la passion, il y a toujours quelque chose de triste, qui s’harmonise avec