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Page:Sandeau - Sacs et parchemins.djvu/30

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passé près de sa femme tant d’années laborieuses et douces, M. Levrault se sentit ému. Quant à Laure, elle promena autour de sa chambre un regard de joie triomphante. Pour ces murs qui lui rappelaient son humble origine, elle ne trouva pas un regret. Quand ils parurent sur le seuil de la porte, toutes les têtes se penchèrent aux fenêtres, un chuchottement ironique s’échappa de tous les étages, pas une main ne s’agita en signe d’adieu. Ils montèrent fièrement dans la chaise, les postillons firent claquer leur fouet et les chevaux partirent au grand trot. M. Levrault avait écrit à maître Jolibois le jour et l’heure de son arrivée à la Trélade.

La veille de leur départ, un voyageur en costume de chasse grimpait lestement sur l’impériale de la diligence de Paris à Nantes : c’était le vicomte Gaspard de Montflanquin.