Page:Sandeau - Sacs et parchemins.djvu/281

Cette page a été validée par deux contributeurs.


rangée d’érables et de platanes. Jamais le bras de la grande dame ne s’était appuyé si tendrement sur celui du grand manufacturier ; jamais, dans aucun de leurs entretiens, sa voix n’avait trouvé d’accents si pénétrants, d’inflexions si câlines. Elle disait les ennuis de la solitude, les joies de l’intimité, combien sa vie avait changé d’aspect et s’était embellie depuis qu’une jeune et blanche créature était venue s’abattre, comme une colombe, à la porte du vieux manoir. Dans quelle atmosphère assez enchantée, dans quelles régions assez éclatantes, achèverait de s’épanouir cette merveille de grâce et de beauté ? Puis, par un mélancolique retour sur elle-même, elle demandait avec tristesse ce qu’elle deviendrait, si M. Levrault, en quittant la Trélade, ne se décidait pas à s’établir dans le pays. Rien que d’y songer, son cœur se serrait ; ils étaient, sa fille et lui, un second printemps