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Page:Sandeau - Sacs et parchemins.djvu/279

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jolie personne affligée d’un million de dot. Il ne s’abusait pas sur les sentiments de mademoiselle Levrault, et se disait que, puisqu’elle ne recherchait en lui qu’un titre, il pouvait bien, de son côté, ne rechercher en elle que l’opulence.

Le siége durait depuis deux mois ; les millions ne se rendaient pas. Lasse d’attendre, la marquise, pour en finir, se décida à donner l’assaut. Elle possédait son Levrault aussi bien que nous le possédons nous-mêmes. Elle avait étudié tous ses côtés faibles, tous ses points attaquables, et n’ignorait aucun de ses travers. Cette science, à vrai dire ne lui avait pas coûté grand travail. L’âme de M. Levrault était un abîme dont on avait bientôt touché le fond, un labyrinthe où, pour se diriger, il n’était pas besoins du fil d’Ariane. Pour y voir clair, on n’avait qu’à ouvrir les yeux ; pour en connaître tous les