Page:Sandeau - Sacs et parchemins.djvu/271

Cette page a été validée par deux contributeurs.


dans l’ornière du passé, son esprit avait marché avec le temps. Son âme était un instrument qui vibrait à tous les bruits du siècle. Elle honorait la haute industrie, et ne parlait qu’avec déférence de ses travaux et de ses mérites. Sans s’humilier devant l’aristocratie nouvelle, elle était la première à reconnaître ses titres et à les proclamer. Était-ce là cette marquise que maître Jolibois avait représentée comme la Jeanne d’Arc de la légitimité, comme un brandon de guerre et de discorde, comme une torche toujours prête à mettre le pays en feu ? Elle restait fidèle au malheur ; son cœur avait suivi la race de saint Louis sur la terre étrangère. Comme une hirondelle qui bâtit son nid dans les ruines, sa pensée habitait avec les exilés ; mais elle ne cherchait pas à dissimuler les fautes de la restauration et se faisait peu d’illusions sur les chances du prétendant.