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Page:Sandeau - Sacs et parchemins.djvu/250

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sa plus douce voix en dégageant tranquillement sa main de l’étreinte du bouillant Montflanquin, je mentirais si je vous disais que vous m’êtes indifférent. Soyez bien convaincu que je suis flattée, autant que je dois l’être, de l’hommage d’un cœur tel que le vôtre. J’avais espéré, je ne m’en défends pas, que nos destinées finiraient par s’unir et se confondre. Il m’eût été doux, je l’avoue, de porter votre nom ; je l’aurais porté avec orgueil. Malheureusement, monsieur le vicomte, c’est mademoiselle de Chanteplure que vous aimez en moi : je ne consentirai jamais à n’être pour mon mari qu’un portrait et un souvenir.

En achevant ces mots, Laure se leva, prit sur la table du piano ses gants, son chapeau, son ombrelle, et se retira sans laisser tomber un regard sur le vicomte, toujours agenouillé. Notre ami Gaspard n’était pas un sot : il