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Page:Sandeau - Sacs et parchemins.djvu/249

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irrité de mademoiselle de Chanteplure ! Que de fois j’ai cru entendre sa voix accusatrice dans les plaintes du vent ! Insensé que j’étais ! Je ne comprenais pas qu’au lieu de s’indigner, son ombre charmante devait se réjouir. N’êtes-vous pas le portrait vivant de Fernande ? N’est-ce pas elle encore que j’aime en vous ? Non, je n’ai point trahi ma foi, non, je ne suis pas infidèle. Mademoiselle de Chanteplure vit, je suis à ses genoux, c’est sa beauté que je contemple et que j’adore, c’est sa main que cherche la mienne… Ô ma bien-aimée ! j’ai rêvé que vous étiez morte. Vous vivez, vous m’êtes rendue, plus jeune, plus radieuse, plus belle que jamais. Regardez-moi, parlez-moi comme aux jours de notre bonheur. Vous ne me dites rien. Avez-vous cessé de m’aimer ? N’êtes-vous plus ma Fernande ? ne suis-je plus votre Gaspard ?

— Monsieur le vicomte, répliqua Laure de