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— Nous en causerons au dessert… Ah ça ! monsieur le vicomte, ajouta maître Jolibois en promenant un regard inquiet sur la table, est-ce que c’est là tout votre dîner ?

Comme le vicomte baissait les yeux et ne répondait pas :

— Il ne sera pas dit, s’écria le notaire avec emphase, que j’ai vu le dernier héritier d’une famille autrefois puissante dîner, dans le château de ses pères, d’une gibelotte de lapin. Galaor, ajouta-t-il à voix basse, enfourche mon cheval, cours à Clisson et rapporte-nous de quoi boire et manger convenablement. Va, mon fils, c’est moi qui régale.

Et il lui glissa dans la main quelques pièces blanches.

Une heure après, Galaor était de retour et vidait sur la table deux énormes sacoches dont la vue acheva de ragaillardir le vicomte.