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pard n’était pas beau, mais ses armoiries étaient belles. Laure n’aimait pas Gaspard, mais c’était là le dernier des soucis de Laure. Il n’était jamais entré dans son esprit qu’elle dût aimer son mari. Ce qui la chagrinait, c’est que Gaspard n’était que vicomte ; elle eût voulut tout au moins un marquis. Le titre de vicomtesse n’était pourtant pas à dédaigner, quand on s’appelait mademoiselle Levrault, et qu’on se souvenait d’avoir vu son père auner du drap rue des Bourdonnais. Un jour, en se promenant à cheval, elle s’était arrêtée devant le pigeonnier de Montflanquin. Sa vanité saignait en songeant à cet amas de vieux murs éboulés que Gaspard appelait pompeusement le château de ses ancêtres ; mais elle se savait assez riche pour les relever. Enfin, Laure était forcée de reconnaître qu’elle n’avait pas l’embarras du choix. Les semaines s’écoulaient, et les