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ALEXIS.

Ah ! Sophie, il est bien inutile à présent que je me confesse !


SOPHIE, se tournant vers Alexis, qui marche avec agitation, un peu en arrière d’elle.

Voyons ! serait-ce au mariage que vous avez pensé ? aimeriez-vous ? Quelles que soient vos résolutions, mon père les approuvera le jour où vous lui direz : « J’aime tendrement, sérieusement, et pour toute ma vie. »


ALEXIS.

Sais-je bien si j’aime-assez pour oser faire un pareil serment ? Mon propre cœur est devenu une énigme pour moi. J’hésite, je m’étourdis, je souffre… Mais, loin de m’encourager, il semble qu’on se soit appliqué à m’ôter toute espérance… Alors, je m’efforce d’oublier, de me distraire, et, après tout, c’est peut-être la seule chose sensée que j’aie à faire désormais, puisque je ne suis pas aimé !


SOPHIE.

Ah ! vous êtes incertain, vous sentez que vous pourriez facilement guérir, vous ne voulez pas donner tout votre cœur sans être assurée de retour ? Quand on aime pour tout de bon, on ne se demande pas si on sera heureux. On aime parce qu’on aime, voilà tout ! Et vous n’aimez pas, mon frère ! (Elle se lève.) Allons, n’y pensons plus, et ne compromettez pas l’avenir des autres, puisque vous abandonnez au hasard celui que vous pouviez créer vous-même. Partez, dès que tout le monde sera couché. Je ne dirai à personne que je vous ai vu.


ALEXIS.

Mon père me désapprouverait peut-être d’être venu…


SOPHIE.

Peut-être !… Et moi aussi ! mais on vient, cachez-vous…


ALEXIS, allant à la porte de droite.

Nous nous reverrons un instant, nous causerons encore ?


SOPHIE.

Oui, oui ! enfermez-vous !

Elle pousse la porte sur Alexis et va ouvrir la porte de l’antichambre.