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ALEXIS.

À la bonne heure ! Pardonne-moi, Antoine, si j’ai été indiscret. Au moment de te quitter, moi qui n’assisterai pas au mariage de Victorine… moi qui ne serai plus là pour prendre ma part des joies ou des tristesses de la famille… il m’était peut-être permis de te témoigner ma sollicitude…


ANTOINE.

J’en suis reconnaissant, monsieur, très-reconnaissant. Je vous aime bien, vous, vous le savez !… Je suis fâché que vous partiez si vite, mais… il faut que ce soit bien nécessaire puisque votre père le dit, et… vous serez bientôt distrait de nous, Dieu merci !


ALEXIS.

Pas tant que tu crois, peut-être !


ANTOINE.

Bah ! bah ! vous allez voir tant de belles choses, et des personnes de haute volée ! Vous irez aux spectacles, aux promenades ; vous aurez vos gens, vos chevaux !… Ah ! vous serez remarqué, allez ! Et il n’y a pas déjà tant de jeunes gens d’aussi bonne mine que vous, là-bas !

ALEXIS

Bon Antoine ! Allons ! je vais prendre les ordres de mon père, puisqu’il faut partir.

Alexis sort par le fond à gauche.




Scène XII



ANTOINE, seul.

Et monsieur qui l’aurait encouragé à rester ! monsieur qui consentirait… — Ah ! mon maître, quel homme vous êtes ! Ça ne me fera pas vous aimer davantage, ce n’est pas possible, mais ça me rendra encore plus ferme dans mon devoir ! Abuser de tant de bonté !… J’aimerais mieux… j’aimerais mieux mourir de chagrin !