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Scène XI


ANTOINE, ALEXIS.




ANTOINE, voulant suivre Vanderke.

Moi, je vas faire votre valise.


ALEXIS, l’arrêtant.

Antoine, qu’a donc Victorine ?


ANTOINE.

Pourquoi ça, monsieur ?


ALEXIS.

Parce que je viens de la voir passer dans le jardin avec ma sœur ; elle avait les yeux gros de larmes, et elle n’a voulu me rien dire.


ANTOINE.

Bah ! Victorine est comme toutes les jeunes filles. Ne la voyez-vous pas pleurer pour la moindre chose ? pour une petite impatience que j’aurai eue avec elle, pour un baiser que votre sœur oubliera de lui donner, pour un oiseau envolé, pour un ruban perdu ; que sais-je, moi ? elle est si enfant !


ALEXIS.

Oui, elle a pleuré l’autre jour pour un ruban que je lui avais apporté et que tu lui as pris, à ce qu’elle assure.


ANTOINE, contrarié.

Pardieu ! oui, tenez ! Un ruban à frange, comme si elle devait porter des franges ! Elle est si coquette ! Il fait un pas pour sortir ; Alexis se place devant lui et le retient.


ALEXIS.

Mais non, Antoine, Victorine n’est pas du tout coquette.


ANTOINE, avec intention, et redescendant la scène.

Elle l’est devenue, depuis qu’elle a un amoureux.


ALEXIS, venant à Antoine.

Elle l’aime donc bien ?