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VANDERKE, avec douceur.

S’il le faut, je m’en vais.


VICTORINE, le retenant.

Non, monsieur, non ! vous êtes le chef, le juge, le père, le maître à tout le monde ici. Je veux qu’il dise devant vous ce qu’il m’a dit… car je le dirais, moi !


FULGENCE.

Vous avez raison, mademoiselle, et, puisqu’il n’y a plus d’espoir… (À Vanderke, avec fermeté.) Monsieur, je n’ai pas l’intention de rester attaché à votre service si j’épouse mademoiselle Victorine.


VICTORINE.

Vous l’entendez ? Il veut quitter, il voudrait me faire quitter mon pays, ma famille, votre maison où je suis née, où j’ai été élevée, où je me crois chez moi, tant je m’y trouve heureuse. Il voudrait m’emmener bien loin, bien loin de vous, de mon père, de madame… de Sophie !… Enfin, il voudrait me faire mourir de chagrin, et ce n’est pas ce qui avait été convenu avec mon père, ce n’est pas ce qui avait été accepté… Il le reconnaît, et, par conséquent, notre mariage est rompu.


ANTOINE, qui a observé Fulgence et Victorine, et qui est devenu sombre.

Doucement, ma fille, pas si vite ! Votre mariage n’est pas rompu comme cela. Il est écrit que la femme quittera son père et sa mère pour suivre son mari, et vous suivrez le vôtre, si c’est la volonté du vôtre !


VICTORINE.

Quitter la famille, la maison de M. Vanderke ?… vous quitter, mon père ? Oh ! vous ne le voudriez pas !


ANTOINE.

Vous ne me quitterez pas pour cela… Je vous suivrai.


VICTORINE, s’attachant au bras de Vanderke.

Vous quitteriez M. Vanderke ? — Oh ! monsieur, monsieur, mon père ne peut pas vous quitter ! vous ne pourriez pas vous passer de mon père !