Ouvrir le menu principal
Cette page n’a pas encore été corrigée



BIENVENU.

C’est vous qui n’avez ni raison ni cœur, de venir me faire une scène dans un pareil moment ! et de dire du mal de mon fils, quand c’est lui qui se sacrifie !


MAÎTRE VALENTIN.

À qui donc, s’il vous plaît ?


BIENVENU.

Dame ! à… (regardant Plantier qui tient la main de Suzanne), à… Ma foi, je ne sais plus, moi !… Je n’y comprends plus rien. J’en ai la fièvre, de tout ce qui m’arrive aujourd’hui ! Et vous êtes là à m’assassiner avec votre méchante langue… Tenez, allez-vous-en ; on s’entendra quand vous n’y serez plus ! C’est vous qui mettez tout sens dessus dessous. Vous êtes la peste des familles !


MAÎTRE VALENTIN.

Plus souvent que je vas vous laisser faire ! Vous vous en moquez bien, vous, de perdre votre fils ? Vous avez du monde pour vous soigner, de la fortune pour vous enfler ! Vous boirez, vous mangerez, vous ferez vos embarras… Mais, moi (pleurant et querellant à la fois), moi qui n’ai que cet enfant-là au monde, moi seul, moi triste, moi pauvre, un enfant si bon, si aimant… qui vaut dis fois le votre !


BIENVENU, attirant Valentin entre eux deux.

Ah çà ! est-ce que j’en dis du mal, moi, de votre garçon ? Est-ce que je ne l’aime pas comme s’il était à moi ? C’est pas sa faute, s’il est votre fils ! Pauvre Valentin, va ! (Il s’attendrit.) Si vous croyez que ça me réjouit, de le perdre aussi, celui-là !


MAÎTRE VALENTIN.

Et qu’est-ce que nous allons devenir tous les deux, je vous le demande ? (Ils se donnent la main sans s’en apercevoir.) Quand nous serons là à nous arracher les yeux…


BIENVENU.

Pardié ! je le sais bien, que ça ne les fera pas revenir ! (Allant à son fils.) Voyons, il faut empêcher ça, que diable !