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monsieur Pierre (joignant les mains), laissez-moi rester comme je suis, votre servante bien volontairement !… Est-ce que je ne vous ai pas toujours fidèlement obéi ?… Rappelez-vous : j’ai toujours travaillé avec tant d’attention pour tenir vos hardes bien belles, avec tant de plaisir pour préparer vos repas ! Je ne suis bonne qu’à cela, moi : à ranger la maison, à chanter pour vous distraire, à prier pour que vous soyez heureux… Ne me commandez pas de vous aimer mieux que je ne fais, je ne pourrais pas !


PIERRE, qui l’a écoutée, d’un air triste et piqué, appuyé contre les barres du tourniquet.

Si ce sont là toutes vos raisons, ma bonne Reine, je croirai que vous ne savez pas encore ce que c’est que d’aimer !… C’est possible !… Un mot seulement… le dernier. Valentin ne s’est pas trompé en m’affirmant que vous n’aimez pas Noël Plantier ?


REINE.

Oh ! pour cela… Tenez !… (Noël entre.) Voulez-vous que je le lui dise devant vous ?




Scène VII


Les Mêmes, NOËL.




PIERRE, bas, à Reine.

Non certes ! Du moment que vous me parlez avec cette franchise… Merci pour cela, au moins, Reine ! (À Noël.) Tu viens nous chercher ?


NOËL, prenant un cuvier près de la grande cuve.

C’est son parrain qui m’envoie. Il dit qu’il ne sait ni boire ni manger quand elle n’est pas là pour l’avertir que c’est trop ou trop peu.

Il va au pressoir.

PIERRE.

Voyez, Reine, comme il est habitué à vos soins ! Si vous quittiez notre famille, comment pourrait-il se passer de vous ?