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sol et au plafond, ou dans une solive ad hoc, et qui est destinée à recevoir les barres qu’on tourne à bras.


SUZANNE.

Voyons ! il faut tâcher de distraire et de consoler mon pauvre père en faisant valoir cet ouvrage dont il était si content ! Est-ce que rien ne manque ?


NOËL, sur une échelle, au fond, attache une guirlande.

Non, rien… Si fait, le câble ! Enfants, le câble ! Jardinet, à quoi penses-tu, mon ami ?


SUZANNE.

On va donc déjà pressurer ?


NOËL, attachant le câble au tourniquet, pendant que les apprentis l’enroulent autour du rouet.

Certainement… La grappe donc ! ça n’attend pas.


SUZANNE.

Mais la cérémonie qu’on va faire, mon père appelle ça l’inauguration ?


NOËL.

Oh ! ça, c’est dans les vieux us de la livraison de la chose au syndicat de la paroisse. On fait, devant le conseil et les experts, l’épreuve d’une première mâchée de vendange. Après quoi, ceusse qui veulent pressurer, pressurent toute la nuit, et ceusse qui veulent se divertir, boivent, dansent et chantent jusqu’au jour. (Il redescend auprès de Suzanne ; les autres vont et viennent.) Eh bien, mon amante, ça ne vous va donc pas, d’ouvrir la fête avec ce tendre cœur qui soupire pour vous ?

Les autres personnages sortent.

SUZANNE.

Ah ! mon pauvre garçon, va, je ne peux pas être gaie ; je ne sais quoi m’inquiète. Laisser Pierre comme ça tout seul là-bas, quand on se réjouira ! (Le père Valentin paraît au fond.) Et Reine, que je croyais trouver ici !… Pourquoi n’était-elle point à la maison quand j’y suis rentrée pour m’habiller ? C’est singulier, ça !