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non, ce n’est rien… Laissez, Reine… Laissez donc, je vous dis ! Est-ce que j’ai besoin de ça !


REINE, interdite, s’éloignant.

Alors, essayez de dormir… un petit quart d’heure ; ça vous remettra.


VALENTIN, brusquement.

Oui, mais ne faites pas attention. (Il met sa tête dans ses mains, s’appuie sur la table, et reste immobile. — Reine s’est assise près de la cheminée, regarde Valentin un instant, et fond en larmes. — Valentin, relevant la tête et la regardant. Elle s’est détournée pour pleurer.) Est-ce qu’elle pleure ? Qu’a-t-elle donc ?… Que m’importe ?… Je ne dois pas… Ah ! je ne comprends plus rien, moi… J’ai le vertige, je suis brisé !

Il retombe et s’endort.




Scène IX


VALENTIN endormi : REINE, NOËL PLANTIER.



Noël arrive sans bruit, et se penche vers Reine comme pour l’embrasser.



REINE, se retournant.

Eh bien, qu’est-ce que vous voulez donc, Noël Plantier ?


NOËL.

Excusez-moi, la jolie Reine ; je vous prenais pour mon amante.


REINE.

Eh bien, est-ce qu’elle n’est pas au chantier, Suzanne ?


NOËL.

Elle y est venue, et je croyais la retrouver ici. C’est pourquoi je me permettais cette licence, en tout bien, tout honneur, de vouloir dérober un simple baiser. Et quand même ! il n’y a pas grand mal. Reine, n’est-ce pas ? Vous auriez bien pu me laisser faire : on ne se trompe pas toujours si agréablement.


REINE, qui s’est levée et qui ne l’écoute pas.

Quoi ? Pardon ; vous me parlez ?