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VALENTIN.

Alors… je pourrai donc lui dire… ?


REINE.

Merci, monsieur Valentin… ne lui dites rien. Je lui parlerai moi-même… Rendez-moi donc mon ouvrage… Il faut que je me dépêche.


VALENTIN, prenant la cravate et la regardant.

Comment ! c’est vous qui avez brodé ces coins-là ?


REINE.

Ça vous fâche ?


VALENTIN, un peu brusquement, après avoir baisé la cravate à la dérobée.

Oui, ça me fâche, que vous perdiez votre temps pour moi.

Il se lève.

REINE, le regardant au moment où il lui remet son ouvrage, et se levant aussi.

Eh bien, qu’est-ce que vous avez donc, Valentin ?… Comme vous êtes pâle !… Vous êtes malade ?


VALENTIN, qui se retient au dossier de sa chaise.

Non, rien ; la tête me tourne un peu… Que voulez-vous (riant avec effort) ! quand on travaille depuis quarante-huit heures sans débrider… J’ai eu tort de me reposer un moment, ça m’a ôté le courage… et les forces.


REINE.

Oui, oui, c’est vrai. Tenez, vous vous tuerez avec ce maudit pressoir ! Valentin, il faut vous reposer aujourd’hui.


VALENTIN, très-affaibli, mais souriant.

Oh ! pas possible ! Laisser les autres dans l’embarras ? Non… mais cinq minutes… Oui, je sens qu’il le faut. Il retombe sur sa chaise, près de la table.


REINE.

Je crois bien ! vous êtes près de vous trouver mal.

Elle lui mouille le front avec son mouchoir, qu’elle trempe dans un pot à eau sur la commode.


VALENTIN, portant sa main près de ses lèvres.

Reine, que tu es bonne ! pauvre enfant ! (La repoussant.) Non.