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VALENTIN, lui ôtant l’écuelle des mains, à part.

Au fait ! ça me donnera une contenance. (À Reine, qui lui approche une chaise à la table.) Finissez, Reine ; vous ne devez pas me servir.


REINE.

Pourquoi donc ça ? Est-ce que je ne sers pas tout le monde, ici ? C’est mon devoir et mon plaisir !


VALENTIN, posant l’écuelle sur un coin de la table dont il relève la nappe.

Mais je ne suis pas d’ici, moi !


REINE.

Ah ! c’est mal, ce que vous dites là ! Vous en êtes aussi bien que moi, il me semble.


VALENTIN, descendant à gauche de la table.

Non, non ! ce n’est pas la même chose. Je suis là, moi, comme ami, comme ouvrier, comme voisin. Mais vous, vous êtes de la maison, et pour toujours.


REINE va au fond prendre une cravate sur la commode et vient travailler près de la table.

Oh ! tant que vivra mon parrain… je l’espère ! Mais sans lui ! Suzanne va vivre avec son mari !… et je ne voudrais pas devoir à d’autres…


VALENTIN, debout, qui fait semblant de manger plutôt qu’il ne mange.

Pourquoi dites-vous… ? C’est singulier, Reine, que vous pensiez… (Très-embarrassé et avec souffrance.) C’est vrai, on dirait que vous n’avez pas de confiance dans l’amitié de Pierre ?


REINE.

Je ne dis pas ça !


VALENTIN.

Si fait ! Vous auriez bien tort !


REINE, embarrassée.

Je ne pensais point à lui.


VALENTIN.

Si fait, je vous dis, vous y pensez beaucoup… et tenez…