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soleil lui-même ne jette pas plus d’éclat dans les cieux que moi sur la terre.


SUZANNE.

Ah ! ça, mon père, c’est beaucoup dire !


REINE.

Non, non. C’est sa grande belle humeur, quand mon parrain parle du soleil et de la lune.


BIENVENU.

Ça n’est pas des vanteries ! Je vous demande si l’astre du jour a autour de lui une famille de petits soleils comme ceux qui m’environnent ! Regardez-moi un peu, quand, rasé de frais et revêtu de mon habit marron, je m’assieds dans le banc des marguilliers, pour assister aux vêpres paroissiales ! À ma droite, mon fils Pierre, lisant les psaumes dans un livre d’Heures, ni plus ni moins qu’un gros bourgeois ; à ma gauche, ma bonne Suzon (il prend la main de Suzanne), la plus aimable personne de l’endroit, avec cent écus de dentelles sur sa cornette. En face de moi, au lutrin, place avantageuse pour les gens de belle taille, mon futur gendre Noël Plantier, un gars de haute mine, droit comme une pique, frais comme une rose, souriant comme une demoiselle et braillant comme une trompette !… Hein ! ça flatte l’amour-propre, tout ça, et je suis sûr que ça me donne l’air d’un patriarche !


REINE, câline.

Eh bien, et les autres petits soleils ?


BIENVENU.

Ah ! tu as peur que je ne t’oublie, toi, friponne ? Ne crains rien, Reine ! D’abord, remarque ce nom que je t’ai donné au baptême ! Il n’y a que moi pour les jolis noms ! On est le roi des parrains ; on a pour filleule la reine de beauté du village : c’est dans l’ordre !


REINE.

Merci, parrain. Je suis contente de mon compliment. Mais il y a encore quelqu’un que vous n’avez pas nommé, et qui, par l’amitié de votre fils et son travail dans vos ateliers, devrait être compté dans votre famille.