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vous aimait pas, on vous détesterait ! Voyez donc le chagrin que vous lui faites !…


LE MAESTRO.

Eh bien, qu’elle se confesse, qu’elle se repente, et, si elle a pris quelque parti absurde, qu’elle y renonce !


NINA.

Voyons, au fait, dis-nous la vérité.


CAMILLE.

Ah ! ne m’interrogez pas. Consolez-moi, soutenez-moi. J’en ai plus besoin que vous ne pensez, car je souffre plus que vous-mêmes, et c’est peut-être plus que je n’en peux supporter.

Elle tombe étouffée de larmes sur une chaise. Le maestro, ému, fait un pas vers elle. Flora le retient et plie les genoux devant lui.

LE MAESTRO.

Eh bien, qu’est-ce que vous voulez, vous ?


FLORA, à genoux.

Maître, bénissez Camille et maudissez-moi, c’est moi qui suis coupable.


LE MAESTRO.

Eh ! nous le savons ! il ne s’agit plus de ça !


FLORA.

Non, vous ne le savez pas ! J’ai été pis que folle, j’ai été mauvaise, envieuse !… c’est moi qui lui ai dicté un refus… un mensonge !


LE MAESTRO.

Toi ?… Ah çà ! c’est donc un démon que cette fille-là !


CAMILLE.

Non, maître, la pauvre Flora aime votre ami, et moi… qui ne l’aimais pas…


FLORA.

Tu mens ! et, quant à moi, tu te trompes. Je ne l’aime pas, je n’aime personne… que toi… et Nina, et vous, maître, si vous voulez me pardonner. C’était de l’orgueil, du dépit, rien de plus, je le jure ; reprends ton serment, ma sœur, je l’exige, sois heureuse !