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homme m’a perdue, car il a mis entre toi et moi un abîme de désespoir et de jalousie que rien ne pourra combler !


CAMILLE, troublée.

Dis-moi, Flora, ce jeune homme, l’as-lu vu depuis que tu es ici ?


FLORA.

Lui ? ici ? C’est donc lui ? J’en étais sûre ! Il est venu avec toi !


CAMILLE.

Il est parti seul, le premier, pour te suivre, pour te sauver.


FLORA.

Pour me sauver, lui ? Il m’aimerait donc ?


CAMILLE.

Qui sait ? Pourquoi non ? Ce que j’affirme, c’est qu’il a fait serment de te ramener, c’est qu’il te cherche.


FLORA.

Camille, tu me trompes : c’est toi qu’il aime ! Aie donc la franchise et le courage de me le dire !


CAMILLE.

Quel air de menace ! Est-il possible, ô mon Dieu ! que, pour un étranger, pour un inconnu, ma sœur me maudisse et m’abandonne !


FLORA.

Tu ne m’abandonnerais donc pas pour lui, toi ? Eh bien, écoute. Tu veux que je retourne avec toi ?


CAMILLE.

Si je le veux ! Ne le veux-tu donc pas aussi ?


FLORA.

À une condition : tu ne permettras pas à cet homme de t’aimer ; il ne te parlera plus, tu ne le reverras jamais.


CAMILLE.

Est-ce sérieux, ce que lu demandes là ? Quelle folie ! Tu crois donc… ?


FLORA.

Camille, tu hésites, tu l’aimes !