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chir… Je suis perdue, mon Dieu ! Mais on l’a voulu : on m’a humiliée ! emmenez-moi.

Elle va, accablée, s’asseoir sur le divan.

LE PRINCE, en fumant.

Vous croyez que vous serez perdue ? Ah çà ! qu’est-ce que c’est donc que ces idées-là ? Est-ce que je vous fais des conditions, moi ? Me prenez-vous pour un gazetier ou un directeur de spectacle ? Je suis l’ami des artistes, et assez bien pourvu de tout ce qui fait la vie agréable pour être un ami désintéressé. Est-ce que j’ai cherché à vous séduire ? Je ne me suis pas aperçu de ça… Voyons, il faut vous décider, pourtant.


FLORA.

Mais comment partir ? On va m’en empêcher.


LE PRINCE.

Ah ! si vous demandez la permission, c’est bien certain ; mais si vous ne la demandez pas… Allons, faites comme la Fausta, comme la Molini, comme la petite Sartori, que j’ai soustraites aux tyrannies de l’amour ou de la famille, et qui m’ont dû leur avenir. Les amis sont bons à quelque chose, que diable ! mais il faut les aider par un peu de courage et de résolution. Est-ce qu’il n’est pas dans la destinée des artistes de brûler une bonne fois leurs vaisseaux ? Eh bien, voulez-vous me donner le bras ?


FLORA.

Mais si nous rencontrons quelqu’un ?


LE PRINCE.

Nous ne rencontrerons peut-être personne. Est-ce que cette forteresse redoutable n’a pas une poterne, une porte de dégagement ?


FLORA.

Oui… attendez !… Il faut que j’écrive à ma sœur.

Elle va au fond écrire.

LE PRINCE.

Dites que vous partez volontairement, mais ne dites pas où vous allez, c’est inutile…