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LE MAESTRO, à part.

Une bonne fille ! une bonne fille ! Ah çà ! mais…


CAMILLE.

Vous allez nous faire le plaisir de prendre le chocolat avec nous, n’est-ce pas, monsieur le marquis ?


NINA.

Ah ! oui, par exemple ! C’est moi qui le fais, et le maestro peut vous en donner des nouvelles. Je vais le servir.

Elle sort.

FLORA.

Apportez-le ici ; la salle à manger est si petite et si laide !…


LE MAESTRO, pendant que Nina sort et que Flora s’étend nonchalamment sur la causeuse.

Bah ! qu’est-ce que ça fait au marquis, que la salle à manger ne soit pas belle ? Il sait bien que vous ne gagnez pas encore trente mille francs par saison !


FLORA, au marquis, qui parait rêveur.

Est-ce que vous êtes triste, marquis ?


LE MARQUIS, se réveillant.

Triste, moi ? pourquoi donc ?

Il s’approche d’elle.

FLORA.

Alors, vous êtes gai. Tant mieux, car je ne puis souffrir la réflexion et la mélancolie. Je voudrais voir tout en rose, vivre de rêves et d’illusions…


LE MARQUIS.

Moi aussi. Malheureusement, toutes choses ne s’arrangent pas au gré de notre fantaisie, et l’esprit le plus riant voit ses illusions lui échapper…


FLORA, baissant la voix. Le maestro, qui l’observe, va doucement se placer derrière la causeuse pour écouter. Pendant ce temps, Camille essuie les tasses avec soin et prépare la table.

On dirait que c’est à cause de moi que cette idée vous vient ! Tenez, vous êtes soucieux, convenez-en. Est-ce que j’ai dit quelque chose, dans le jardin, qui vous ait attristé ?