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LE MAESTRO.

Eh bien, oui, mon cher enfant, mon cher Paolino ! Tenez ça me fait toujours du bien de vous revoir, ça me rajeunit ! Pourquoi n’êtes-vous pas venu me trouver après le spectacle ?


LE MARQUIS.

J’étais en habit de voyage, et, d’ailleurs, je ne voulais pas mêler mon compliment aux compliments de tout le monde. Mais, ce matin, ma première pensée, ma première visite ont été pour vous ! Que je vous remercie de m’avoir pris pour compagnon de votre promenade ! Je craignais de vous trouver si occupé…


LE MAESTRO.

Oh ! il n’y a pas d’occupation qui tienne ! Je viens ici tous les jours. C’est si près de la ville, d’ailleurs ! (Un temps bien marqué.) Vous me disiez donc que vous avez été content aussi de la débutante ?


LE MARQUIS, avec une certaine exaltation.

La Corsari ? Ah ! mon ami, j’en suis charmé, trop charmé, peut-être !


LE MAESTRO.

Ah bah ?


LE MARQUIS.

Vous savez bien que j’ai la tête vive : vous me l’avez souvent reproché. Eh bien, cette fois, me blâmez-vous de trouver que le talent et la voix de la Corsari sont les plus pénétrants, les plus sympathiques qu’il y ait au monde ? Suis-je fou de n’avoir pas dormi de la nuit ?


LE MAESTRO.

Ma foi, non. Je suis fier d’elle. C’est mon élève.


LE MARQUIS.

On me l’a dit à Venise.


LE MAESTRO.

Parle-t-on déjà un peu d’elle à Venise ? Il n’y a pas plus d’un mois qu’elle est au théâtre.