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LÉANDRE, au docteur.

J’ai monsieur, le costume et le pouvoir qui conviennent à mon rang et à ma fortune… Je viens de recueillir un héritage.


LE DOCTEUR.

Ah ! vous aussi !… Il en pleut donc ?


LÉANDRE.

C’est une moisson d’oncles qui foisonne cette année… Il vient de m’en mourir un en Amérique, un nabab qui me laisse… Mais à quoi bon ?… nous perdons le temps ! Je viens vous signifier qu’il m’a pris fantaisie de ce marquisat et que je l’achète.


LE DOCTEUR.

Il n’est pas encore à vendre.


LÉANDRE.

Si fait, jurisconsulte, si fait !… C’est moi qui le mets en vente.


LE DOCTEUR.

Quoi ? comment ?


LÉANDRE.

Permettez, mon bon ! je suis ici principal créancier, acquéreur de tous les titres contre feu M. Sbrufadelli… Or donc, il faut nous trouver de l’argent, ou mettre vos propriétés en vente, ou aller en prison si vous l’aimez mieux.


LE DOCTEUR.

Voilà une rare impudence !… (Regardant Isabelle, Colombine et Pascariel, qui ricanent entre eux.) Ah ! j’y suis !… j’aurais dû m’en douter… c’est une partie carrée !… Eh bien, après, mes aventuriers, que voulez-vous ? Nous n’avons pas encore accepté la succession, et ceci ne nous regarde plus ; adressez-vous aux gens de mainmorte, aux hospices !


VIOLETTE.

C’est les pauvres qui héritent ?… Ah ! tant mieux ! mais est-ce qu’on va les mettre en prison ?


LÉANDRE.

Non pas ; ce sera vous, ma bergère d’Arcadie, vous qui m’avez dédaigné à Récoaro ?