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COLOMBINE, aux autres, bas.

Oui, oui, on dirait qu’elle hésite ; mais son amoureux va la décider.

Léandre et Pascariel s’écartent un peu de la droite en les observant, le notaire avec Isabelle et Colombine sur la gauche.

VIOLETTE, à la table, la plume à la main, bas, à Pédrolino.

Quand j’aurai fait cette croix-là sur le papier… ?


PÉDROLINO.

La mienne sera faite sur notre mariage.


VIOLETTE.

Et si je ne la fais pas ?…


PÉDROLINO, vivement.

Oh ! si tu… (se ravisant et se forçant), si vous ne la faisiez point, ça serait la même chose… Est-ce que vous me prenez pour un envieux ? Est-ce que je veux vous mettre dans la gueuserie quand vous êtes riche ?… Oh ! je vois bien que vous me méprisez, et, jarni ! je veux vous le rendre ! Allez, allez, je ne vous aime point tant que vous vous imaginez bien ; et, s’il vous faut le dire, je ne vous aime même point du tout, la !… Et, pour un peu, je vous dirais que je vous haïs !

Tout en parlant, Pédrolino, qui fait tous ses efforts pour ne pas pleurer, a pris un coin du tapis de la table pour s’essuyer les yeux ; il le tire si bien, qu’il jette par terre papiers, écritoire, plumes, etc.


LE NOTAIRE.

Eh bien, eh bien, qu’est-ce qu’il fait ?


PASCARIEL.

Le butor ! il jette tout par terre !

Ils s’élancent tous pour ramasser la table.

VIOLETTE, qui s’est baissée la première, et qui ramasse en riant les objets, repousse un peu Isabelle qui cherche l’acte.

Prenez donc attention à l’encre, mamselle !… vous allez gâter votre belle robe !


LE NOTAIRE.

Le maladroit ! une pareille secousse, dans un moment où je suis si souffrant !